Commission plateforme livraison : comparatif 2026

Par commandeici ·
Livreur à vélo récupérant un sac de commande dans un restaurant urbain

Vous regardez votre rapport mensuel Uber Eats. 12 000 euros de chiffre d’affaires. Après commissions, frais de service, frais de paiement et promotions imposées, il reste environ 7 800 euros sur votre compte. La différence, ces 4 200 euros, part directement dans la poche de la plateforme. Multipliez par 12 mois : 50 400 euros par an. C’est le salaire d’un cuisinier en CDI, ou trois ans de loyer dans un emplacement secondaire.

Ce comparatif ne va pas vous dire “Uber Eats c’est génial pour la visibilité” comme la plupart des articles SEO du secteur. On va poser les chiffres disponibles de 2026, plateforme par plateforme, ligne par ligne. Commission de base, commission “lite” avec vos propres livreurs, frais de paiement, frais marketing forcés, frais d’activation. Puis on calcule le coût total annuel pour un restaurant moyen. Et enfin, on regarde l’alternative SaaS sans commission, qui n’est ni un mirage ni un slogan, mais un modèle mathématiquement différent.

Si vous tenez un restaurant en France et que la livraison représente plus de 20 pourcent de votre activité, ce qui suit peut changer votre rentabilité avant la fin du trimestre.

Le vrai coût des plateformes de livraison en 2026 : tableau comparatif

Avant de chiffrer, une mise au point. Les plateformes ne communiquent pas publiquement leurs grilles tarifaires détaillées. Les chiffres ci-dessous proviennent de contrats restaurateurs anonymisés, d’analyses sectorielles publiées par France Num et de comparatifs croisés publiés dans la presse économique en 2024 et 2025. Les fourchettes existent parce que chaque plateforme négocie au cas par cas selon votre volume, votre zone et votre type de cuisine. Un kebab à Saint-Denis ne paie pas le même taux qu’une pizzeria premium à Saint-Germain. Ce qui suit reflète les conditions généralement observées pour un restaurant indépendant générant entre 5 000 et 15 000 euros de CA livré mensuel, sans pouvoir de négociation particulier. Les frais “cachés” comme les promotions cofinancées, les programmes Plus ou les amendes pour annulation ne figurent pas toujours dans les commissions affichées mais grèvent réellement la marge nette.

PlateformeCommission standardCommission lite (vos livreurs)Frais paiementFrais activationDisponibilité
Uber Eats~30 pourcent~15 pourcent1,5 à 3 pourcentVariableFrance entière
Deliveroo25 à 32 pourcent12 à 14 pourcentInclusVariableGrandes villes
Just Eat14 à 30 pourcent~14 pourcentVariableVariableFrance entière
Glovo25 à 30 pourcentNon disponibleInclusVariableSélection urbaine
commandeici (SaaS direct)0 pourcent0 pourcent1,5 pourcent (Stripe)0 euroFrance entière

À noter que ces taux s’appliquent sur le total commande TTC, ce qui inclut la TVA que vous reversez ensuite à l’État. Vous payez donc une commission sur de l’argent qui ne vous appartient pas.

Uber Eats : la machine à 30 pourcent

Uber Eats est, selon plusieurs analyses sectorielles et observations de terrain, la plateforme de livraison la plus utilisée dans les grandes agglomérations françaises. La formule standard, baptisée “Uber Eats Delivery”, facture environ 30 pourcent par commande livrée par les coursiers Uber. Une formule “Marketplace” existe à environ 15 pourcent si vous utilisez vos propres livreurs ou Stuart en marque blanche, mais elle reste minoritaire car peu mise en avant par les commerciaux. S’ajoutent les frais de paiement par carte (variables selon le contrat), des frais d’activation initiaux pour la formation, le shooting photo et la création du compte, et surtout la pression constante pour participer aux campagnes “Premium” ou “Boost” qui ajoutent 5 à 10 pourcent supplémentaires.

Concrètement, sur une commande de 30 euros via Uber Eats standard : vous encaissez environ 20 euros une fois la commission, les frais de paiement et la TVA retraités. Si la marge brute de votre plat était de 70 pourcent, elle tombe sous 40 pourcent net plateforme. Pour aller plus loin sur la structure de marge en livraison, lisez notre guide complet de la commande en ligne pour restaurateurs.

Deliveroo et Just Eat : les outsiders pas si tendres

Deliveroo positionne son offre sur le segment moyen et haut de gamme. La commission de base oscille entre 25 et 32 pourcent selon la zone et le type d’établissement, avec une formule “Marketplace+” autour de 14 pourcent pour les restaurants qui livrent eux-mêmes. Les frais d’activation sont variables et la plateforme impose régulièrement la participation aux opérations “Deliveroo Plus”, l’abonnement client qui supprime les frais de livraison mais que le restaurant cofinance partiellement. La couverture géographique reste centrée sur les grandes villes : Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Lille, principalement.

Just Eat présente la grille la plus floue. Officiellement entre 14 et 30 pourcent, avec une logique “tout compris” quand vous livrez vous-même (14 pourcent typique) et un taux plein quand vous utilisez la flotte de livreurs Just Eat. Sur le papier, c’est la moins chère des trois. En pratique, le trafic généré reste inférieur à Uber Eats sur la plupart des zones, ce qui dilue l’avantage commission. Glovo, enfin, applique entre 25 et 30 pourcent mais souffre d’une présence réduite hors métropoles. Pour un comparatif chiffres en main, regardez aussi notre analyse dédiée sur Uber Eats versus alternatives sans commission.

Les frais cachés que personne ne vous montre en démo

Le taux affiché ne raconte qu’une partie de l’histoire. Premier piège, les campagnes promotionnelles. Les plateformes vous “suggèrent” fortement de financer des réductions client (moins 30 pourcent, livraison offerte, deux pour un). Ces remises sortent intégralement de votre poche, en plus de la commission qui, elle, se calcule sur le prix avant remise dans certains contrats. Deuxième piège, les amendes pour annulation. Si vous fermez la boutique 15 minutes plus tôt ou refusez une commande pour rupture, la plateforme peut facturer une pénalité par incident. Troisième piège, le shadow pricing : les plateformes majorent le prix affiché côté client par rapport à votre carte salle pour absorber leur marge, ce qui finit par détourner vos clients vers les concurrents moins chers et brouille votre positionnement.

Quatrième piège, et le plus toxique : la propriété des données. Vous ne recevez ni l’email, ni le téléphone, ni le profil d’achat de vos clients. Vous payez environ 30 pourcent pour livrer un client que vous ne reverrez jamais sauf si la plateforme décide de le re-cibler. C’est le coeur du modèle économique : louer une audience que vous ne pourrez jamais posséder. Selon les observations relayées par BFM Business et de nombreux acteurs du secteur, la fidélisation d’un client via plateforme tend à être plus courte que celle d’un client direct, en raison de l’absence de lien direct entre le restaurant et l’acheteur final. L’INSEE documente par ailleurs la progression des intermédiaires numériques dans la restauration, ce qui illustre l’ampleur du phénomène.

Calcul concret : combien vous coûte réellement une plateforme par an

Prenons un cas concret. “Bistrot Tradition”, 60 couverts à Lyon Croix-Rousse, ticket moyen livraison 32 euros, environ 350 commandes Uber Eats par mois soit 11 200 euros de CA livré. Calcul annuel basé sur les taux généralement observés :

  • CA brut plateforme : 11 200 x 12 = 134 400 euros
  • Commission Uber Eats environ 30 pourcent : 40 320 euros
  • Frais de paiement environ 2 pourcent : 2 688 euros
  • Frais d’activation amortis (variables) : à intégrer selon contrat
  • Promotions cofinancées (estimation indicative, variable selon participation) : plusieurs milliers d’euros selon les campagnes
  • Coût total annuel plateforme : de l’ordre de 43 000 à 55 000 euros selon le niveau de participation aux promotions, soit entre 32 et 41 pourcent du CA livré

Côté alternative SaaS sans commission, même volume avec commandeici à 19 euros par mois en formule standard : 228 euros d’abonnement annuel, plus environ 2 016 euros de frais Stripe (1,5 pourcent), soit environ 2 244 euros par an. L’écart est considérable. Même en déduisant 10 à 15 pourcent de CA potentiellement perdu lié à la moindre visibilité au démarrage, le delta reste très significatif sur l’année. Pour modéliser votre propre cas, notre équipe propose un audit gratuit via le formulaire de contact.

L’alternative sans commission : comment ça marche réellement

Un SaaS de commande directe fonctionne sur un modèle inverse de celui des marketplaces. Vous payez un abonnement mensuel fixe (entre 19 et 89 euros selon les fonctionnalités) et vous gardez 100 pourcent du chiffre d’affaires moins les frais bancaires standards. La plateforme vous fournit une page de commande personnalisée à votre marque, un menu modifiable en temps réel, un module de click and collect ou de livraison, et l’intégration avec votre caisse ou votre imprimante de cuisine. Pour la livraison physique, deux options : vous gérez vos propres livreurs (coût horaire SMIC majoré), ou vous branchez Stuart ou Uber Direct en marque blanche (tarif par course payé par le client ou par vous).

Le seuil de rentabilité bascule relativement vite. Dès environ 1 500 euros de CA livré mensuel, l’abonnement SaaS coûte généralement moins cher qu’une commission plateforme. À 5 000 euros, vous économisez déjà plus de 1 000 euros par mois selon les conditions. La contrepartie réelle : vous devez générer votre propre trafic. Ce n’est pas anodin, mais c’est faisable avec une stratégie SEO locale, un QR code en salle, des flyers livraison, du Instagram et un programme de fidélité. C’est l’approche détaillée dans notre guide restaurateur complet.

Stratégie hybride : utiliser les plateformes sans s’y enchaîner

Aucun comparatif honnête ne dira “quittez Uber Eats demain”. Les plateformes restent un canal d’acquisition pertinent, notamment dans les centres-villes denses où la découverte mobile drive le panier. La stratégie gagnante en 2026 n’est pas “tout ou rien”, c’est l’hybridation maîtrisée. Concrètement : conservez une présence plateforme sur Uber Eats ou Deliveroo pour la découverte et le volume d’appoint, mais augmentez vos prix de 15 à 20 pourcent sur la plateforme par rapport à votre carte directe, et insérez systématiquement un flyer dans chaque sac livré, redirigeant vers votre site de commande directe avec un code promo (moins 10 pourcent sur la prochaine commande).

Les restaurateurs qui appliquent cette approche hybride constatent, selon les retours terrain, qu’une part significative de leurs clients plateforme finissent par commander en direct après quelques mois, à condition que l’expérience de commande directe soit fluide et que l’incentive soit clair. L’objectif n’est pas d’éliminer la plateforme, c’est de transformer son coût en investissement d’acquisition. Vous payez environ 30 pourcent une seule fois pour conquérir un client, puis vous le servez en direct pendant des années à 1,5 pourcent de frais bancaires. C’est mathématiquement le contraire de ce que la plateforme veut, et c’est pour ça que ça marche. Pour structurer cette transition pas à pas, lisez notre méthode complète sur food-business.

FAQ

Quelle est la plateforme de livraison la moins chère en commission en France en 2026 ?

Sur les grilles généralement observées, Just Eat propose la formule la moins chère à environ 14 pourcent quand vous utilisez vos propres livreurs, suivi de Deliveroo Marketplace+ entre 12 et 14 pourcent. Uber Eats Lite est autour de 15 pourcent. Mais ces formules “lite” supposent que vous gériez la logistique de livraison, ce qui ajoute un coût réel de 6 à 10 euros par course. En formule standard avec livreurs de la plateforme, c’est Just Eat qui reste théoriquement le moins cher dans certaines zones, mais avec un trafic souvent inférieur. La vraie réponse dépend de votre volume, de votre ville et de votre capacité à livrer en interne. Le calcul doit toujours intégrer le coût complet, pas juste le taux affiché.

Est-ce vraiment possible de quitter Uber Eats sans perdre tout son chiffre d’affaires ?

Oui, mais progressivement. Couper Uber Eats du jour au lendemain fait perdre 100 pourcent du CA plateforme immédiatement. La méthode efficace consiste à lancer en parallèle une solution de commande directe (SaaS sans commission), à insérer un flyer dans chaque sac Uber Eats pendant 3 à 6 mois, puis à réduire graduellement votre disponibilité plateforme. Les restaurateurs qui appliquent cette approche constatent généralement une récupération progressive de leur CA en direct, accompagnée d’une amélioration sensible de la marge nette, car chaque commande directe supprime la commission d’environ 30 pourcent. Le facteur clé est la qualité de votre base client direct : email, téléphone, programme de fidélité. Sans données clients, pas de migration possible.

Qu’est-ce qui est inclus dans la commission d’environ 30 pourcent d’Uber Eats ?

La commission couvre principalement trois choses : la mise en relation avec les clients via l’application, la prise en charge de la livraison par les coursiers Uber, et le traitement du paiement par carte. Ce qui n’est pas inclus : les frais d’activation initiaux (variables selon les contrats), les campagnes promotionnelles cofinancées (5 à 15 pourcent supplémentaires si vous y participez), les pénalités en cas d’annulation ou de fermeture imprévue, et le coût de votre propre temps à gérer le tablet, répondre aux clients et traiter les litiges. Le taux affiché ne reflète donc jamais le coût réel complet, qui se situe généralement entre 35 et 42 pourcent du CA dans la pratique courante observée par les professionnels du secteur.

Combien coûte une solution SaaS de commande en ligne sans commission ?

Les solutions SaaS de commande directe pour restaurants en France oscillent entre 19 euros et 150 euros par mois selon les fonctionnalités. L’entrée de gamme (commandeici à 19 euros, par exemple) inclut la page de commande, le menu, le paiement Stripe et le click and collect. Les formules intermédiaires (40 à 80 euros) ajoutent généralement la connexion caisse, le module de livraison avec Stuart ou Uber Direct en marque blanche, le programme de fidélité et l’application mobile dédiée. Les solutions premium (au-delà de 100 euros) intègrent le multi-établissement, le marketing automation et les rapports analytiques avancés. À cela s’ajoutent uniquement les frais bancaires standards (environ 1,5 pourcent via Stripe), sans aucune commission par commande. Notre page tarifs détaille les formules disponibles.

Est-ce que les plateformes vont baisser leurs commissions sous la pression réglementaire ?

C’est peu probable à court terme. La directive européenne sur les travailleurs des plateformes (Platform Work Directive), adoptée en 2024 et dont la transposition est en cours dans les États membres, tend à augmenter les coûts opérationnels des plateformes en renforçant les droits des livreurs. Cela pousse les plateformes à maintenir voire augmenter leurs commissions pour préserver leur marge. Les autorités françaises de la concurrence surveillent les pratiques tarifaires mais n’ont pas, à date, imposé de plafond de commission. Pour suivre l’évolution du cadre réglementaire, la DGCCRF publie régulièrement ses enquêtes sectorielles. La meilleure protection pour un restaurateur reste de ne pas dépendre d’un canal unique et de développer son propre actif client.

Comment négocier sa commission avec une plateforme de livraison ?

La négociation est possible, mais elle suppose un rapport de force favorable. Les plateformes acceptent généralement de discuter les taux à partir de volumes significatifs (15 000 à 20 000 euros de CA mensuel généré via leur application, selon les retours terrain), ou si vous représentez plusieurs établissements. Les leviers concrets : mettre en concurrence plusieurs plateformes lors de la signature, proposer une exclusivité temporaire en échange d’un taux réduit, ou négocier la suppression des campagnes promotionnelles obligatoires plutôt que le taux de base. En dessous de ces seuils de volume, la marge de manoeuvre est faible. C’est précisément pourquoi la solution de commande directe reste le levier le plus accessible pour la majorité des restaurants indépendants : elle ne nécessite aucune négociation et le tarif est fixe dès le départ.

Quelle est la différence entre commission standard et commission lite sur les plateformes ?

La commission “lite” ou “marketplace” désigne le taux appliqué quand le restaurant prend en charge lui-même la livraison, sans utiliser les coursiers de la plateforme. La plateforme joue alors uniquement le rôle d’intermédiaire commercial (prise de commande, paiement) et non logistique. Le taux est généralement deux fois moins élevé : environ 14 à 15 pourcent contre 28 à 32 pourcent en formule standard. En contrepartie, vous supportez le coût de vos propres livreurs (salaires, charges, assurances) ou d’un service tiers comme Stuart. Cette formule est rentable si votre zone de livraison est dense et si votre volume de commandes justifie d’avoir des livreurs en propre. Pour un restaurant avec moins de 20 commandes livrées par jour, le calcul est souvent défavorable par rapport à la formule standard, malgré le taux de commission plus bas.

Sources

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